déprime, à quoi tu rimes ? arrête un peu les cachets d'aspirine !
Dans la rubrique personnel
je pense que je déprime. depuis quelques années, c'est récurrent à cette période. de début avril à la mi-juin, c'est pas le top.
est-ce le fait d'avancer en âge ? l'accumulation de petits ennuis qui, individuellement, peuvent être surmontés ? la surcharge ponctuelle de travail qui me bouffe mon précieux temps ? est-ce aussi le temps, vu que l'hiver semble vouloir se prolonger sans fin, effaçant tout apport du soleil ?
je n'ai pas de réponses à ces interrogations. toujours est-il que, comme d'habitude, j'agis, ou plutôt, je réagis négativement de deux façons. la première consiste à me montrer irritable. un rien m'agace, m'énerve. mes proches en pâtissent et je me sens coupable. mais rien n'y fait bien que je tente de me corriger. je continue à être agressif vis à vis des personnes qui ne le méritent pas. c'est dur. pour moi, mais surtout pour eux.
la seconde consiste à fuir mes proches. je m'isole dans un trou, refusant toute communication.
j'ai vu des psys. je serais trop secret, enfermant en moi les choses. je devrais m'ouvrir un peu plus. c'est difficile. en tout cas pour moi. et comme j'aime pas qu'on me tire les vers du nez, je me renferme encore plus, me montrant encore plus buté, plus stupide, plus hargneux. non content d'être comme cela avec mes proches, j'en fais de même au travail, avec tous les effets négatifs que cela peut entraîner. comme j'ai pas eu confiance en les psys et qu'aucun ne m'a donné envie d'aller plus loin, tout a été envoyé promener. pourtant, je sais que, quelque part, ils ont en parti raison. je sais pas d'où vient cette manie de garder tout pour moi, faisant bouillir la cocotte jusqu'à explosion.
pendant longtemps, je me suis réfugié dans la nourriture. insidieusement, je me suis mis à ingurgiter des saloperies. et quant on a prit de sales habitudes, elles restent. résultat, un litre et demi de coca par jour pour atteindre un poids plus que déraisonnable, effrayant. obésité morbide d'après les spécialistes. début janvier, j'ai eu très peur.
aujourd'hui, je me retourne plus vers la nourriture. bonjour la perte de kilos, ce qui n'est pas plus mal.
paradoxalement, d'avoir pris conscience de mon obésité m'a traumatisé. comment ne pas s'en vouloir de se laisser-aller ? de ce suicide ? mais la perte est trop lente; je voudrais qu'elle soit plus rapide. dans ma tête, il faudrait déjà que je sois au poids que je me suis fixé. or, d'après le médecin, ce sera pas pour tout de suite. ce qui, insidieusement, me mine encore plus. si, si, je sais que c'est normal, que la perte doit s'effectuer lentement, sauf que mon humeur en pâti. ce qui ajoute au cercle vicieux.
pour contrer l'abandon à la solitude, je me force à sortir. dans la rue déjà. histoire de croiser des êtres humains. avec mes amis aussi. il y a quelques années, je les ai fuis un jour où je devais fêter mon anniversaire. un épisode douloureux pour moi et pour eux. depuis, je me suis promis, je leur ai promis de ne plus le refaire. mais c'est difficile et je suis très souvent tenté. surtout durant cette période. résultat, je me force à sortir, acceptant tout ce qui possible d'accepter.
encore une vingtaine de jours difficiles où mon entourage se demandera si il faut pas m'abandonner, tellement je suis exécrable. ce que je peux arriver à comprendre. je me supporterais pas moi-même.
il y avait longtemps que je n'avais pas écrit pour moi. un texte un peu égoïste, décousu. mais c'est seulement par ce biais que j'arrive à m'exprimer le mieux. cela soulage. souvent je me fends de textes noirs qui jamais ne paraîtront. heureusement d'ailleurs.
allons danser, pour oublier tout ça; et ça ira.